
Sortir de la survie
L'anxiété n'est pas une maladie de la pensée, c'est un cri du corps qui se croit en danger de mort. Quand tu es dans cet état, ton cerveau "débranche" les fonctions supérieures. Inutile de chercher à raisonner: la réflexion est un luxe que le corps en mode survie ne peut pas s'offrir.
Pour apaiser l'esprit, il faut d'abord donner des preuves tangibles de sécurité à tes cellules. Et cela passe par un langage qu'elles comprennent: celui du contact, de la pression et de la limite physique.
Le corps: Le premier domino de l'apaisement
Pourquoi le toucher est-il déclencheur? Parce que l'anxiété est une désincarnation. On devient une tête qui flotte, perdue dans des nuages de peur.
- Le rôle du massage: En tant que praticienne, mon toucher vient dire au système nerveux: "ici s'arrête le monde, ici commences-tu." En redonnant une frontière physique (la peau), tu diminues la sensation d'éparpillement.
- La libération chimique: C'est mécanique. Une pression juste et contenante réduit le cortisol (l'hormone du stress) et libère de l'ocytocine. Ce n'est pas de la magie, c'est de la neurobiologie.
Le constat clinique: Une fois que les épaules redescendent, que la respiration se pose et que le "blindage" musculaire cède, alors seulement, la porte de la parole peut s'ouvrir. Le corps a lâché, l'esprit peut enfin s'exprimer sans hurler.
Le toucher: Réhabiter sa propre maison
Mon expertise en massage du monde, me permet d'affirmer que:
- Le toucher est le premier sens de la relation. L'anxiété "liquéfie" les limites du soi, le massage redonne des contours nets.
- Ce n'est pas juste de la détente, c'est une preuve physique et immédiate que "je suis ici, et je suis en sécurité".
La parole: Nommer pour apprivoiser
En tant que psychopraticienne, je sais que l'angoisse est souvent une peur sans nom.
- Mettre des mots sur un ressenti permet de passer du mode "subir" au mode "observer".
- La parole en thérapie n'est pas une simple discussion, c'est un pont entre le chaos intérieur et la réalité partagée.
L'imaginaire: Créer un sanctuaire intérieur
C'est souvent le point oublié. L'anxieux a un imaginaire puissant, mais il l'utilise contre lui-même (scénarios catastrophes).
- Puisque l'esprit ne fait pas de différence entre un événement réel et une visualisation intense, utilisons l'imaginaire pour "hacker" le système nerveux
- Comment la métaphore et la visualisation permettent de transformer une prison mentale en un espace de jeu ou de repos.

La métaphore et la visualisation comme clé de sortie
La métaphore est un pont. Dire à un patient "détendez-vous" est souvent inutile, voire stressant. Mais lui proposer de voir son anxiété comme une "armure devenue trop petite" ou comme "un orage qui traverse le ciel sans l'abîmer", c'est lui redonner du pouvoir.
La prison mentale: C'est le sentiment d'être figé, bloqué.
L'espace de jeu: En thérapie, la métaphore permet de manipuler le problème de l'extérieur. Si mon anxiété est une boule de feu, je peux imaginer la plonger dans l'eau. Je ne suis plus la victime du symptôme, je redeviens l'acteur.
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